Évacuer l’eau de pluie d’un toit, d’une terrasse ou d’une allée ne se résume pas à creuser un trou dans le jardin. En Suisse romande, la manière de la traiter dépend de la commune, de la nature du sol et des règles de protection des eaux. Cette page vous aide à comprendre le principe du puits perdu, les questions à poser avant de commencer et les points à clarifier avec un professionnel.
Qu’est-ce qu’un puits perdu et à quoi sert-il ?
Un puits perdu, aussi appelé puits d’infiltration, est un ouvrage enterré qui reçoit l’eau de pluie d’un toit ou d’une surface et la laisse s’écouler progressivement dans le sol. L’eau n’est donc pas envoyée dans un collecteur : elle retourne à la terre sur place.
Le principe est simple, mais son bon fonctionnement repose sur deux conditions. Le sol doit être capable d’absorber l’eau à un rythme suffisant, et l’eau qui y entre doit être de la simple eau de pluie. Si l’une des deux manque, le puits déborde ou pose un problème de protection des eaux.
Un puits perdu n’est pas la seule solution. Selon la parcelle, l’eau peut aussi être raccordée à la canalisation d’eaux claires, retenue dans une cuve, ou infiltrée de façon diffuse. Le choix n’appartient pas toujours au propriétaire.
Infiltrer ou raccorder : ce que dit le PGEE de votre commune
Le plan général d’évacuation des eaux (PGEE) est le document par lequel la commune organise l’évacuation des eaux sur son territoire. C’est lui qui indique, pour un secteur donné, si les eaux pluviales doivent être infiltrées ou raccordées à un réseau.
Pour savoir ce qui s’applique à votre parcelle, adressez-vous à la commune, généralement au service technique ou à l’urbanisme, ou au service cantonal compétent en matière de protection des eaux. Ne vous fiez ni à ce qu’a fait un voisin ni à ce qui se pratiquait avant : les règles changent d’un secteur à l’autre, et d’une époque à l’autre.
Posez des questions précises :
- L’infiltration est-elle exigée, tolérée ou exclue sur ma parcelle ?
- Existe-t-il un collecteur d’eaux claires auquel je peux ou dois me raccorder ?
- Une autorisation est-elle requise pour poser le puits ou modifier l’évacuation existante ?
- Quels documents faut-il fournir : plan, coupe, justification de la perméabilité ?
La perméabilité du sol : le facteur qui décide de tout
Même si la commune autorise l’infiltration, le sol doit suivre. Un terrain sablonneux ou graveleux absorbe volontiers l’eau ; un terrain argileux, compact ou gorgé d’eau en hiver l’absorbe lentement, voire pas du tout. Un puits posé dans un sol peu perméable reste plein, déborde par temps de pluie et peut inonder une cave ou une terrasse.
Avant de décider, il faut donc connaître le sol. Selon l’importance du projet, cela peut aller d’un simple constat sur le terrain à un test d’infiltration, voire une étude de sol confiée à un spécialiste. La commune peut d’ailleurs demander une justification.
Quelques repères d’observation, à ne considérer que comme indices :
- une flaque qui reste longtemps après la pluie dans le jardin suggère un sol peu drainant ;
- la présence d’eau dans une fouille voisine ou une cave humide signale une nappe proche ;
- une pente marquée vers la maison demande une attention particulière, car l’eau infiltrée peut ressortir ailleurs.
Un professionnel du terrassement connaît souvent la nature du sol de sa région et peut vous orienter, mais il ne remplace pas un test lorsque l’enjeu est important.
Ce qui peut entrer dans le puits, et ce qui ne le doit jamais
La règle de base ne se négocie pas : les eaux usées ne vont jamais dans un puits perdu. Cela vaut pour les eaux des toilettes, de la cuisine, de la salle de bain, du lave-linge ou du lave-vaisselle. Elles appartiennent à la canalisation d’eaux usées, reliée à la station d’épuration. Les envoyer dans le sol pollue la nappe et peut engager la responsabilité du propriétaire.
Ce qui est destiné à l’infiltration, c’est l’eau de pluie d’un toit ou d’une surface prévue pour cela. Attention aux surfaces où l’eau se charge de substances indésirables : place où l’on lave des véhicules, zone où l’on stocke des produits, voie fréquentée. La qualité de l’eau admise à l’infiltration est un sujet de protection des eaux, à valider auprès de la commune ou du service cantonal.
Lors d’une rénovation, vérifiez aussi qu’aucun raccord ancien, souvent invisible, ne mélange eaux de pluie et eaux usées. Dans une maison ancienne, un plan des canalisations ou une inspection par caméra lève le doute.
Les étapes d’un projet de puits perdu
Un projet bien conduit suit en général cet ordre :
- Se renseigner auprès de la commune sur le PGEE, les exigences d’infiltration et l’autorisation.
- Évaluer le sol : observation, test d’infiltration ou étude selon le cas.
- Repérer les canalisations et réseaux enterrés avant toute fouille, pour ne pas les endommager.
- Faire établir un devis détaillant la fouille, les éléments du puits, le remblai, le raccordement et la remise en état.
- Obtenir l’autorisation si elle est requise, avant de commencer les travaux.
- Réaliser l’ouvrage : fouille, pose des éléments, couche filtrante, regard de contrôle, raccordement des descentes d’eau.
- Contrôler le fonctionnement après les premières pluies.
L’ordre compte. Commencer à creuser avant d’avoir la réponse de la commune expose à devoir tout remettre en état si l’infiltration n’est pas admise sur votre parcelle.
Qui intervient sur le chantier ?
Selon la configuration, plusieurs métiers se partagent le travail :
- Le terrassement réalise la fouille, évacue ou réutilise les terres et assure le remblai. L’accès de la machine au jardin, la présence d’arbres ou de murs, et la quantité de terre à déplacer pèsent sur la préparation.
- La maçonnerie intervient pour les éléments en béton ou en maçonnerie du puits et du regard, ainsi que pour les raccords et la remise en état des abords.
- Les gouttières assurent la collecte de l’eau du toit et son acheminement vers l’ouvrage, avec un dispositif pour retenir les feuilles avant l’entrée dans le puits.
Sur un petit chantier, une seule entreprise peut coordonner l’ensemble ; sur un projet plus complexe, il peut y avoir plusieurs intervenants. Demandez dans le devis qui est responsable de quoi, notamment de la démarche d’autorisation et de la remise en état du terrain.
Les erreurs fréquentes à éviter
- Poser le puits sans vérifier la commune. Une installation non conforme peut être à reprendre.
- Ignorer le sol. Un puits dans un terrain argileux ne fait que stocker l’eau jusqu’au débordement.
- Placer l’ouvrage trop près d’un bâtiment. L’eau infiltrée peut remonter vers les fondations ou une cave. La distance à respecter se discute avec le professionnel et la commune.
- Raccorder autre chose que de l’eau de pluie. C’est interdit et dangereux pour la nappe.
- Oublier l’entretien. Sans filtre ni regard accessible, l’ouvrage se colmate.
- Négliger le trop-plein. En cas de forte pluie, l’eau doit pouvoir aller quelque part sans inonder la propriété ou celle du voisin.
- Ne rien documenter. Gardez le plan, la position exacte de l’ouvrage et les justificatifs : ils serviront pour une vente ou de futurs travaux.
Ce qui fait varier le coût d’un puits perdu
Aucun prix sérieux ne peut être donné sans visite ou sans informations sur le terrain. Voici ce qui fait varier le devis :
- la nature du sol et la profondeur nécessaire pour atteindre une couche qui absorbe ;
- la surface de toit ou de terrain à évacuer, qui détermine la taille de l’ouvrage ;
- l’accessibilité du chantier pour les machines ;
- la quantité de terre à évacuer ou à régaler ;
- le type d’éléments choisis et leur mise en œuvre ;
- la longueur des conduites à poser entre les descentes d’eau et le puits ;
- les revêtements, plantations ou dallages à démonter puis refaire ;
- les démarches, éventuels tests de sol et plans à fournir.
Comparez des devis détaillés plutôt que des totaux : un devis qui ne mentionne ni le remblai, ni le regard, ni la remise en état laisse des zones d’ombre.
Quand faire appel à un professionnel ?
Un puits perdu touche à la protection des eaux, à la stabilité des abords du bâtiment et à des réseaux enterrés. Il vaut mieux confier le chantier à une entreprise si :
- le terrain est en pente ou proche d’un bâtiment, d’un mur de soutènement ou d’une limite de propriété ;
- le sol est incertain ou la nappe semble proche ;
- une autorisation est nécessaire ;
- vous ignorez où passent les canalisations existantes ;
- un puits existant déborde, sent mauvais ou ne se vide plus.
Dans ce dernier cas, ne cherchez pas à le bricoler : l’origine peut être un colmatage, un sol saturé ou un raccord qui n’aurait jamais dû s’y trouver.
Préparer votre demande de devis
Plus votre demande est précise, plus les devis seront comparables. Rassemblez :
- l’adresse ou la commune du bien ;
- une description de ce qui doit être évacué : toit de la maison, annexe, terrasse, allée ;
- ce que vous savez du sol et des problèmes d’eau constatés ;
- ce que la commune vous a répondu, s’il y a lieu ;
- les photos du jardin, des descentes d’eau et de l’accès ;
- vos contraintes de calendrier et de remise en état.
Vous pouvez ensuite demander un devis : décrivez vos travaux en ligne, votre demande est transmise à des artisans et entreprises de la région, qui vous recontactent pour établir un devis gratuit et sans engagement. Le site ne réalise pas les travaux lui-même et ne choisit pas l’entreprise à votre place : la comparaison des offres et la décision vous reviennent.
Mis à jour le 29 octobre 2026